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Passion et Engouement sont les mots qui selon moi qualifient le plus justement le « Roi des sports », le football. Ce sport populaire par excellence qui réussit à déplacer des foules immenses et à déchaîner des nations entières. Dans un match de football les cris des fans s’accordent aux tremblements des filets pour combler des stades entiers, là où, les joueurs sous forme de héros modernes se font pardonner leurs frasques excentriques en jouant de leurs « pieds magiques ». Aujourd’hui les footballeurs ne sont plus seulement des figures locales ; grâce à la télévision, ils deviennent des icônes admirées par des millions de téléspectateurs, qui regardent les mêmes matchs au même moment, qui vibrent pour les mêmes actions et qui restent éveillés grâce à cette passion commune. Sur le carré vert, les nations et les villes, confrontent entre elles leurs rivalités sportives, chaque Barça-Réal, chaque River Plate-Boca Junior (etc.) deviennent les théâtres d’affrontements passionnés. Le monde du football devient un exutoire ; ici, on se chambre allégrement, on s’insulte même parfois, on revendique son appartenance à un seul club et on cultive son chauvinisme. C’est un endroit étrange où rien n’a vraiment d’importance, mais où tout compte, où rien n’est grave jusqu’à ce que l’on gagne ou que l’on perde. Mon but ici n’est pas de démontrer la nécessité de regarder du foot ni même de l’apprécier.

Cependant, chacun reconnaîtra que le football a sa propre mythologie, sa propre histoire, remplie de matchs mythiques qui raisonnent dans la tête des supporters comme des « batailles ». Son histoire est marquée par des légendes intemporelles et inaccessibles, adulées par leurs fans et connues même des néophytes. Zidane, le roi Pelé, Maradona, Messi… sont autant de légendes qui ont marqué de leur empreinte l’évolution de ce sport. Mais le football aussi populaire et aimé qu’il soit, reste un reflet de la société qui fait miroiter à chaque homme une possibilité d’accéder à la gloire et à la richesse.

crédit: Gaël Cornier

C’est ici que réside sa plus grande faiblesse. En effet, le football est un reflet de la société et n’en déplaise à ses détracteurs, il est parfois même la vitrine de cette dite société. Sa faiblesse réside donc dans le fait que ce sport a été créé par des hommes et pour des hommes tout en laissant allégrement de côté la gent féminine. Pour être complètement honnête cela ne me dérange que depuis peu, j’avoue ne jamais m’être vraiment posé la question avant, le football n’était pour moi qu’un sport qui limitait son impact au plaisir qu’il m’apportait, mais évidemment, en grandissant je me suis rendu compte que le foot n’avait pas qu’une portée sportive mais aussi politique et sociale. Bien que je suivais le foot féminin depuis longtemps, la coupe du monde féminine de 2019 a été un déclencheur pour moi car si effectivement le football est la vitrine de la société, il est inadmissible que ses héros soient exclusivement masculins. C’est une réflexion évidente pour beaucoup mais personnellement j’ai dû attendre la Coupe du Monde féminine de 2019 pour voir apparaître au panthéon de mes héros des femmes qui jouent au football.

Le foot féminin m’a intéressé, pendant cette courte période, avec autant de passion que s’il avait s’agit de foot masculin. Je peux maintenant, très sincèrement donner mon avis sur l’autre facette de l’un de mes sports favoris (sans me prétendre spécialiste, loin de là). J’ai été conquis par la volonté générale de proposer un jeu offensif et du spectacle. Lorsque leurs homologues masculins prônent la plupart du temps dans les compétitions internationales, un jeu défensif et aseptisé basé sur la possession à outrance (parfois stérile) qui s’oppose souvent à une défense très basse (cf. matchs de la poule de l’équipe de France à la coupe du monde 2018), les joueuses de la coupe du monde 2019 (comme les Américaines ou les Françaises par exemple) ont proposé du jeu vers l’avant basé sur la verticalité, la volonté d’exploiter les espaces tout en proposant du spectacle et des buts. Néanmoins il reste encore certaines lacunes, notamment d’un point de vue physique. Aujourd’hui le niveau physique des joueuses est encore inférieur à celui des hommes, on peut observer des différences physiologiques inévitables qu’il ne faudrait pas minorer sous couvert d’un « féminisme » mal placé. Ces différences peuvent cependant « s’expliquer » par le fait que le football féminin soit largement moins professionnalisé que le football masculin, les infrastructures et les moyens ne sont clairement pas à la hauteur des ambitions d’athlètes professionnels. Ce manque de professionnalisme a notamment été critiqué par Ada Hederberg, puisque le premier ballon d’or féminin de l’histoire n’a pas souhaité participer à la coupe du monde, en signe de protestation envers le manque d’investissement de sa fédération (norvégienne).

Crédit: Franck Fife/AFP

Le football féminin n’en est qu’à ses débuts, tout est en effervescence, ce qui le rend excitant à suivre. Ce nouveau reflet de la société propose des joueuses aussi fantasques que compétitrices, un savant mélange qui renforce encore la hâte que j’ai d’assister à l’écriture de leurs mythologies. Amandine Henry, Alex Morgan, Eugénie Le Sommer, Marta, Ada Hederberg, Megan Rapinoe… sont autant de légendes que je commence à apprivoiser. Le football féminin a beau être différent du football masculin, une chose est sûre, si les femmes jouent au foot, elles réussiront. Elles réussiront à déplacer les foules, elles réussiront sans l’ombre d’un doute à faire chavirer les stades au rythme des filets qui tremblent. Elles réussiront, car dans le roi des sports c’est le talent qui domine, sans distinction.