crédit ; Andrew D. Bernstein


Kobe Bryant est décédé à seulement 41 ans. Il a perdu la vie dans un tragique accident d’hélicoptère, en Californie ce dimanche 26 janvier 2020. Un accident qui a entraîné la mort de 9 personnes au total. Dans l’hélicoptère se trouvait également Gigi, sa fille de 13 ans, qui elle aussi s’en est allée. De ce drame, à l’allure de fait divers se dégage un sentiment assez irréel, presque inconcevable. Personne ne veut réellement y croire, car ça serait trop cruel, car ça ne serait pas juste. C’est une idole d’enfance qui s’est brusquement évanouie, un modèle, de ceux qui vous marquent sans que vous ne puissiez trop expliquer comment. C’est assez difficile de poser les mots justes sur ce que l’on ressent ; on arrive à se demander si c’est normal d’être affecté, même un peu, par la mort d’un athlète ? Bien que je n’ai jamais eu le privilège de connaître ce grand monsieur de la balle orange, il subsiste personnellement une forme de tristesse contenue. Une sorte de deuil étrange pour une personne que l’on a seulement vu évoluer à travers le prisme de sa télévision. Kobe Bryant est l’athlète qui m’a fait me passionner pour le basket-ball et à sa façon, il a influé sur mon désir de vous raconter le sport à la manière d’une jolie histoire que l’on apprécie lire. L’histoire d’aujourd’hui à beau mal se terminer, je pense qu’elle vaut quand même la peine d’être lue, pour citer Kobe lui-même « les héros vont et viennent, mais seule les légendes sont éternelles. » Je me permets donc de vous proposer ici, une petite rétrospective sur la carrière de mon joueur préféré. C’est un hommage à ma petite échelle bien sûr, mais j’espère qu’au moins j’arriverai à vous transmettre de la sympathie envers ce grand fou malade qu’était monsieur Kobe Bryant.

>Un joueur extraordinaire:


Si on me demandait, qui est selon moi, la personne ou l’athlète qui représente au mieux le concept de compétiteur ? Je vous répondrais sans doute Kobe Bryant. C’était un compétiteur né, doué d’une motivation viscérale, voire obsessionnelle qui l’a amené, jour après jour, à perfectionner son jeu et à solliciter son corps au-delà de la limite du raisonnable. Un joueur animé par l’unique objectif de devenir le meilleur dans son domaine. Il a dévoué la plupart de son temps et de son énergie pour y arriver. On parle ici d’un joueur doté de capacités techniques et athlétiques loin , très loin au-dessus de la moyenne. Des qualités intrinsèques qu’il a su bonifier au cours de longues séances d’entraînement. Kobe n’était pas qu’un simple travailleur acharné dans le monde du basket, il était véritablement
fantastique à voir évoluer et ce n’est qu’après la fin de sa carrière que l’on se rend compte du travail colossal qu’il a abattu.

Crédit: Getty Images


Aucun joueur ne m’a autant émerveillé avec un ballon dans les mains, tous sports confondus. Néanmoins on est en droit de se demander pourquoi ? Qu’avait-t-il de plus ? La réponse me paraît assez évidente : parce que c’est comme ça. Parce que lorsque l’on a 10 ou 15 ans et que l’on se lève dans la nuit pour regarder du basket. Lorsque l’on essaye de faire le moins de bruits possible ; et que l’on finit enfin par s’installer sur le canapé un bol de céréales à la main, fermement décidé à repousser le sommeil. On est impatient, excité de voir ce joueur fou, faire des choses insensées que l’on n’arrive même pas à reproduire dans les jeux. Quand on le regarde jouer on commence en étant subjugué et on finit par le rester. Lorsque l’on a 15 ans, tout ce que fait le numéro 24 vêtu de jaune et de violet est aussi incompréhensible que fascinant, les secondes défilent et s’accompagnent d’exploits plus improbables les uns que les autres. On se dit à chaque fois qu’il ne pourra pas le mettre mais souvent on est surpris. Kobe Bryant était complètement inconscient lorsqu’il s’agissait de shooter*. Il a développé un style de jeu fait de footwork* et de provocation, qui pouvait être perçu comme arrogant. La réponse qu’il a donnée à ses détracteurs est très représentative de l’état d’esprit du bonhomme « Quand je joue je suis arrogant. Mais c’est ce que je fais qui est arrogant, pas ce que je suis ».

crédit ; Andrew D. Berstein


> La Mamba mentality :

Ce qui a fait la force de Kobe Bryant en tant que joueur mais aussi en tant qu’idole : c’est le caractère extraordinaire de son état d’esprit. Personne dans l’histoire du sport n’a autant dédié sa vie à devenir le meilleur, au-delà des Cristiano Ronaldo, au-delà des Tom Brady et consorts. Personne n’a travaillé aussi dur et avec autant de régularité que Kobe Bryant, point final. Le jour de son entrée en NBA, le 26 juin 1996, il s’est mis a développer un aspect particulier de sa personnalité. Il s’est créé un alter ego possédant un besoin insatiable de victoire et une force de travail inaccessible. Le Black Mamba est devenu l’autre Kobe, celui qui tombe 8 fois et qui se relève 9 fois. Il a exacerbé la part la plus compétitrice de son esprit pour repousser les limites de sa motivation déjà conséquente. « Depuis le début, j’ai voulu être le meilleur. J’en ai eu l’envie constante, le besoin insatiable de m’améliorer pour devenir le meilleur. Et pour y arriver, il fallait que j’en fasse bien plus que les autres. […] Pour moi, c’était la partie la plus fun ».

crédit: Getty Image

Là où Kobe surpassait ses contemporains, c’était aussi dans sa faculté à jouer malgré la douleur. Plusieurs fois dans sa carrière il a dû surpasser des douleurs effroyables dans le seul but de gagner un match de basket-ball. À titre d’exemple lors du match du 12 avril 2013, opposant les Lakers aux Golden State Warriors : Kobe Bryant a été victime d’une rupture du tendon d’Achille. Une blessure qui entraîne normalement une opération immédiate ainsi que 9 mois de soins intensifs avant de pouvoir revenir sur un parquet. Selon les dires de certains joueurs qui ont subi cette grave blessure (comme Demarcus Cousins récemment) la douleur est tellement forte qu’il est impossible de poser le pied au sol. Néanmoins le Mamba n’est pas tout à fait comme les autres, malgré la douleur, il se relève, sort le Staples Center* de sa torpeur, traverse tous le terrain pour aller tiré ses 2 lancers francs, il les mets et sort du terrain dans l’admiration généralisée, comme si de rien n’était. Dans l’esprit de Kobe, il était inconcevable de laisser tomber son équipe au moment le plus important de la rencontre. Un peu dérangé, Kobe Bryant l’était, mais personne ne peut remettre en cause sa combativité et son amour pour le jeu. « La leçon c’est que vous devez tout donner pour ce sport, pour votre équipe. C’est comme ça que l’on gagne. C’est comme ça que l’on devient l’un des plus grands ».

crédit: Noah Graham


>Saigner en pourpre et or:

Mon affection pour les Lakers est loin d’être un secret et Kobe Bryant c’est les Lakers. Tout Los Angeles est en deuil après la brusque disparition de son idole. Le Numéro 8 ou 24 (selon l’année) a fait vibrer le Staples Center* pendant près de 20 ans, il est le joueur ayant joué le plus longtemps pour cette franchise mythique ainsi que son meilleur scoreur. Pour moi Kobe est la plus grande légende à avoir enfilé ce maillot. Il y a passé toute sa carrière et a grandement contribué à étoffer le palmarès de la franchise. En effet sous les couleurs pourpres et or il a glané 5 titres de champion.
NBA, il a été élu 1 fois MVP (qui correspond au titre de meilleur joueur de la ligue sur une année) et il s’est même fendu d’atteindre le deuxième plus gros total de points lors d’un match ( 81 points face aux Raptors le 22 janvier 2006). Mais pour rendre un ultime hommage à l’homme aux deux maillots j’aimerais m’attarder sur son dernier match en carrière. Le 13 avril 2016 est le jour où Kobe a parachevé sa carrière d’un exploit. Il est parti en apothéose dans un match contre Utah. Ce match est pour moi un symbole de toute une carrière. A ce moment Kobe est vieux, il a 37 ans et il est tiraillé par des douleurs qui lui viennent de ses nombreuses blessures. Elles handicapent son jeu et réduisent la fluidité de ses mouvements. Il n’est plus capable de dominer comme avant et s’apprête à conclure son jubilé avant de prendre une retraite bien méritée. On se dit que 20 points seraient une bonne performance ce soir-là, de toute façon, ça n’a pas beaucoup d’importance le match n’est qu’un prétexte pour saluer la carrière du petit prince de la balle orange. Mais M. Bryant ne l’entendait pas de cette façon, ce match se devait d’être spécial, il le fallait. Dans ce match Kobe a pris tous les tirs et plus encore, il a fini avec le total monstrueux de 60 points et a permis au Lakers de tenir bon jusqu’à ce qu’ils finissent par l’emporter. Une carrière splendide qui n’aurait pas pu mieux se terminer.

>Les Légendes sont éternelles:

Voilà, c’était cela Kobe Bryant, même au bout du chemin, même après 20 ans d’efforts quotidiens. Il ne pouvait pas partir sans mettre le sourire aux lèvres d’un jeune fan. Un jeune fan qui tard ce soir là, s’était assis sur son canapé un bol de céréales à la main pour regarder son joueur préféré dire adieu au basket. « La chose la plus importante est d’essayer d’inspirer les gens afin qu’ils réussissent dans ce qu’ils entreprennent »

crédit : Jae C.Hong


Malheureusement la sortie triomphale du joueur tranche avec la fin tragique de l’homme. Une fin brusque qui laisse un goût amer à tous les amoureux de basket. Une fin tragique qui dépasse le cadre du basket. Certaines personnalités publiques, figures sportives ou simples spectateurs se sont unis pour le remercier une dernière fois. Depuis on a vu fleurir de nombreux hommages pour orner sa tombe ainsi que celles de toutes les autres victimes dans ce putain d’accident.


« Quand je vois certains trouver de l’inspiration dans ma façon de jouer ou de m’entraîner, je le perçois comme une récompense de tous mes efforts, une récompense pour tout ce travail, tous ces réveils à 3 heures du matin, une récompense pour tout le plaisir que j’y ai pris » Pour finir cher Kobe, ta passion pour ce jeu a fait naître la mienne. Pour cela, il ne me reste qu’à te dire merci. Merci pour tout, merci tout simplement.

Crédit : Getty Images


footwork* : désigne la façon dont un joueur se sert de ses appuis pour se détacher de son défenseur. On pourrait assimiler cela à un jeu de jambes.
Shooter* : terme américain qui signifie simplement tirer vers le panier.
Staples Center* : le stade des Los Angeles Lakers

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